Les dérives douces du bien-être qui étouffent la colère !
Aujourd’hui, le patriarcat ne dit plus toujours « tais toi ».
Il dit : « Guéris-toi », « aligne-toi », « pardonne », « reste dans la lumière ».
Ces mots viennent des cercles de spiritualité, de développement personnel, de bien-être. Ils prétendent aider à évoluer, à s’élever… Mais trop souvent, ils sont le continuum des violences faites aux femmes.
On y apprend que la colère est une « basse vibration ». Qu’elle éloigne de « l’amour véritable ». Qu’elle empêche la paix. Et ainsi, les femmes en colère deviennent des femmes « non guéries ». Celles qui font peur. Celles qu’il faut recadrer, purifier, adoucir. Celles qu’on invite à transmuter, plutôt qu’à parler.
J’ai eu besoin de remonter le fil. De rappeler que cette mis_e au silence n’est pas nouvelle.
Qu’avant d’être culpabilisées par le karma, les femmes ont été brûlées pour avoir su, internées pour avoir parlé, disqualifiées pour avoir ressenti, effacées pour avoir existé autrement. Ce texte est un fil rouge. il relie l’histoire de la disqualification du féminin à ses formes les plus récentes plus douces, plus séduisantes, mais toujours patriarcales. La colère des femmes n’est pas une erreur à corriger. C’est une mémoire qui revient. Un refus du déni. et souvent un chemin de réparation, une guérison.

